Sunday, March 1, 2026

Top 5 This Week

Related Posts

Transport routier : marges françaises sous pression

Le transport routier en France fait face à un véritable paradoxe. Alors que le prix du diesel affiche une tendance à la baisse, les coûts totaux du secteur continuent d’augmenter, mettant à mal les budgets des transporteurs. Une situation complexe que nous allons explorer en détail.

Diesel moins cher, mais pas suffisamment

Le Comité National Routier (CNR) révèle une diminution notable des coûts liés au diesel, avec une baisse de 9,5 % pour le transport de marchandises et de 10 % pour le transport de passagers. Néanmoins, ces prix, bien que plus avantageux qu’il y a un an, demeurent supérieurs à ceux observés en 2020-2021, lorsque le carburant était plus accessible. Cette situation contraste avec l’évolution des prix du gaz naturel véhicule (GNV), dont les coûts ont décuplé, atteignant une hausse de 10,6 % sur un an, après une période de forte correction.

Salaires, assurances et AdBlue grèvent les marges

Malgré la baisse du coût du diesel, d’autres coûts sont en hausse, pesant lourdement sur les marges. Les salaires et indemnités des conducteurs ont augmenté respectivement de 2,6 % dans le fret et de 4,5 % dans le transport scolaire suite à une revalorisation salariale. Les indemnités de déplacement ont également connu une hausse de 2 %.

Par ailleurs, les primes d’assurance ont augmenté de 6,1 % pour le transport de marchandises et de 7,7 % pour le transport de voyageurs. Les coûts de financement des véhicules persistants ainsi qu’une hausse des dépenses de maintenance de 2,7 %, avec une escalade de près de 10 % du prix de l’AdBlue, aggravent ce tableau. Tout cela contribue à une augmentation globale des coûts d’exploitation de 2,5 %, alors que la rentabilité moyenne du secteur demeure inquiétante, se situant entre 2 et 3 %, l’une des plus faibles d’Europe.

Demande de fret en berne, transport international en recul

Les indicateurs d’activité du CNR montrent un ralentissement du marché. L’indice d’activité du transport routier (IAST) a affiché une progression de 3,4 % en 2024, mais les prévisions pour 2025 se limitent à une croissance de seulement 0,4 %. Le fret international, en particulier, souffre énormément, accusant une chute de près de 12 %, ce qui se traduit par une forte diminution des immatriculations de poids lourds, revenant à des niveaux d’avant la pandémie après un bref rebond en 2024.

Cette pression sur les coûts se traduit par une montée inquiétante des défaillances d’entreprises. Selon l’Union TLF, près d’une dizaine de transporteurs cessent leurs activités chaque jour. Pour le seul deuxième trimestre de 2025, 645 faillites ont été recensées, marquant une hausse de 7 % sur un an et de 55 % par rapport à 2023.

Contexte mondial: guerres tarifaires et ralentissement économique

À l’international, les tensions s’intensifient avec l’augmentation des droits de douane américains, qui ont grimpé de 2,5 % début 2025 à 18 % en moyenne, ciblant particulièrement les produits européens à 15 %, chinois à 30 % et indiens à 50 %. Les prévisions de croissance mondiale se situent entre 2,5 % et 3 %, un climat peu favorable. Selon la Banque de France, le choc tarifaire pourrait entraîner une perte de 0,4 point du PIB français d’ici 2026, avec des prévisions de croissance ne dépassant pas 0,8 % pour 2025 et un taux de chômage qui pourrait atteindre 7,6 %.

Crise européenne et perspectives 2026

Les défis rencontrés par le secteur du transport en France s’étendent également à toute l’Europe :

  • En Belgique, le secteur transport-logistique a enregistré 724 faillites en 2024.
  • En Hongrie, un tiers des transporteurs travaillent à perte, ce qui illustre la crise du secteur.
  • En Pologne, la situation est particulièrement tendue, exacerbée par la montée de la concurrence des opérateurs ukrainiens.

Pour l’année 2026, les prévisions énergétiques s’annoncent stables, avec un baril de Brent qui devrait demeurer sous les 70 dollars, voire descendre à 62 dollars. Cependant, la stabilité des prix du carburant ne compensera pas l’augmentation continue des coûts de main-d’œuvre, d’assurance et de maintenance. Ces éléments, couplés à une demande faible et à la montée des faillites, laissent présager que les marges resteront sous pression tout au long de 2026.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Popular Articles