La décarbonation du transport maritime mondial est un enjeu crucial au cœur de la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (UNOC-3) qui se déroule à Nice du 9 au 13 juin. Analysons ensemble les attentes et les discussions qui animeront cet événement marquant.
La conférence, UNOC-3, se concentre avant tout sur deux grands axes : une déclaration politique commune visant à établir des engagements volontaires des États membres en matière de pêche raisonnée et de conservation des fonds marins. Ce cadre est d’autant plus pertinent avec la récente ratification du traité sur la haute mer.
Le 10 juin, une coalition de 37 pays, dont la France, a mis en avant la nécessité de lutter contre la pollution sonore générée par le transport maritime, qui entrave la vie marine. L’objectif est d’améliorer la conception et l’exploitation de navires moins bruyants en collaboration avec l’Organisation maritime internationale (OMI).
Objectif de décarbonation : ambition pour 2050
Concernant la décarbonation, l’objectif est clair : atteindre le « net zéro d’ici 2050 ». Même si peu de percées majeures sont anticipées lors des discussions, l’événement permettra de capitaliser sur les avancées déjà réalisées dans ce domaine.
Le transport maritime, qui représente environ 90 % des échanges mondiaux de marchandises et est responsable de 3 % des émissions de CO₂, est le sujet d’un panel d’action visant à promouvoir un transport maritime durable. Les échanges préviennent une transformation profonde du secteur, impliquant les navires, les ports, les carburants et les modèles économiques, comme le détaille un document de travail des Nations unies.
Sur le plan français, la filière maritime arrive à la conférence avec un plan de décarbonation ambitieux mobilisant tous les acteurs, des armateurs aux ports, sans oublier les entreprises innovantes, comme le souligne l’Opinion.
Un progrès significatif a été enregistré le 11 avril, lorsque l’OMI a approuvé les bases d’un système mondial de tarification du carbone. Ce mécanisme vise à encourager l’utilisation de carburants propres et à financer la transition écologique du secteur maritime. La norme mondiale sur l’intensité des gaz à effet de serre des combustibles marins devrait également être adoptée en octobre prochain.
Des nouvelles encourageantes émergent de la filière : environ 200 navires sont déjà adaptés à l’utilisation de carburants à faibles émissions. De plus, près de 80 % des nouvelles commandes intégrant une capacité hybride montrent une tendance vers la durabilité. Plus de 150 milliards de dollars ont été investis jusqu’à présent dans des initiatives de décarbonation.
Le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a récemment insisté sur le fait que réglementations seules ne suffisent pas. Il a demandé des investissements massifs dans le développement et l’implémentation de carburants alternatifs ainsi que dans la modernisation des infrastructures portuaires.
Parmi les acteurs innovants, des entreprises comme Towt, Grain de Sail, Neoline et Windcoop se démarquent en développant des cargos à voile ou hybrides. Le Neoliner Origine, un cargo de 136 mètres, est prévu pour prendre la mer cet été, marquant ainsi une avancée significative dans le domaine.
Enfin, la conférence mettra l’accent sur la lutte contre les inégalités d’accès aux ressources maritimes. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a averti sur le risque d’exclusion des pays du Sud, dépendants du commerce maritime mais limités dans leur capacité à moderniser leurs flottes.



