La situation actuelle dans le domaine du transport international est marquée par une instabilité croissante, qui se manifeste particulièrement dans le fret aérien, en raison des fermetures d’espace aérien. Cependant, un impact significatif sur les flux de fret maritime se fait également sentir et devrait s’intensifier dans les jours à venir.
Les effets s’étendent bien au-delà du Moyen-Orient
Il est crucial de noter que les répercussions ne sont pas confinées aux expéditions vers ou en provenance du Moyen-Orient. La région joue un rôle central dans l’écosystème mondial des transports. Par exemple, Qatar Airways et Emirates, deux des plus grandes compagnies de fret aérien mondiales, sont toutes deux basées dans cette zone. Cargolux, un transporteur de fret spécialisé, a presque totalement annulé ses vols vers le Moyen-Orient, ne maintenant que la liaison avec Mascate.
En ce qui concerne le fret maritime, la situation est tout aussi préoccupante, notamment avec la fermeture totale des détroits de l’Ormuz et de Bab el-Mandeb, qui crée un goulot d’étranglement dans le golfe Persique, rendant difficile toute reprise par le canal de Suez.
Hausse des prix du pétrole et impact sur les tarifs de fret
L’escalade du conflit au Moyen-Orient a entraîné une flambée des prix du pétrole, le prix du Brent atteignant entre 80 et 85 dollars le baril début mars 2026, en forte hausse par rapport à 75 dollars quelques jours auparavant. Ce phénomène est alimenté par les craintes liées aux perturbations dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Les experts anticipent que le prix du Brent pourrait atteindre 100 dollars, voire 120 dollars dans des scénarios extrêmes, ce qui engendrerait des pressions supplémentaires sur les tarifs de fret maritime et aérien.
Perturbation prolongée du fret aérien
Les compagnies aériennes comme Emirates et Qatar Airways ont repris certains vols de manière limitée, tout en maintenant des restrictions sur la réservation de nouveaux envois. Pour l’instant, la majorité des vols ont été employés pour évacuer les passagers coincés. Notons également que la part la plus importante du fret aérien mondial est généralement transportée en soute des vols passagers.
La situation devrait rester chaotique pour plusieurs semaines, le temps que les compagnies aériennes évaluent d’autres itinéraires. La fermeture ou la restriction de l’espace aérien dans plusieurs pays du Golfe affecte considérablement le fret aérien mondial.
Comme l’indique Edmond Rose d’ASM Aviation Consulting, “Il ne faut pas s’attendre à un retour rapide à la normale tant que des attaques sont en cours.” Cela signifie que le rétablissement des opérations pourrait être long et prudent, surtout pour les transporteurs majeurs comme Emirates et Qatar Airways.
Le rôle vital des compagnies aériennes du Golfe dans le fret mondial
Les compagnies aériennes du Golfe jouent un rôle essentiel dans le fret aérien international, représentant environ 13 % de la capacité mondiale de fret aérien. En outre, près d’un quart de la capacité de fret aérien entre la Chine et l’Europe transite par le Moyen-Orient, rendant l’impact des perturbations bien plus vaste que la région elle-même.
Impact sur la capacité de fret Asie-Europe
Les estimations montrent une réduction de la capacité de fret aérien entre l’Asie et l’Europe de 35 à 40 %. Des experts comme ceux d’Aevean rapportent une diminution de 39 % des capacités en tonnes-kilomètres disponibles. Cette chute massive des capacités a des conséquences directes sur le marché global du fret aérien.
Solutions alternatives face à la crise
Face à cette crise, les demandes d’alternatives de transport, telles que le transport maritime combiné avec l’aérien, connaissent une forte hausse. Les entreprises cherchent à explorer tous les itinéraires et options possibles pour amortir l’impact sur les chaînes d’approvisionnement.
Le fret maritime : une intensification des perturbations
Le transport maritime subit également de pleins fouets les conséquences de la situation, avec près de 140 porte-conteneurs immobilisés dans le golfe Persique. Les transporteurs MSC et CMA CGM sont parmi les plus touchés, signalant un déséquilibre dans la disponibilité des équipements et une réduction significative de la capacité en raison de l’immobilisation des navires.



