La crise au Moyen-Orient est aujourd’hui au centre de préoccupations majeures, notamment en ce qui concerne les chaînes logistiques internationales. Union TLF, l’organisation professionnelle regroupant les métiers du transport et de la logistique, ainsi que sa branche dédiée au transport international, TLF Overseas, mettent en avant les perturbations notables dans le transport de marchandises. Ces organisations alertent sur les effets sur le fret aérien, maritime et routier, ainsi que sur la montée soudaine des prix du gazole.
Aérien : une contraction d’environ 20 % du trafic mondial
Depuis le début du conflit, le ciel mondial a vu plus de 30 000 vols annulés, entraînant une réduction d’environ 20 % du trafic aérien. Les résultats sont particulièrement alarmants pour le fret : la capacité disponible sur le corridor reliant l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe a chuté de 30 %, tandis que l’axe Inde-États-Unis a également enregistré un déclin de 25 %. Les espaces aériens de pays comme la Syrie et l’Irak restent fermés, transformant les hubs du Moyen-Orient tels que Dubaï et Doha en points de passage extrêmement limités.
Emirates, Qatar Airways et Etihad tentent de s’adapter en redéployant certains vols cargo, mais la remise de fret entre la France et le Golfe Persique est quasi inexistante. Philippe de Crécy, Président de TLF Overseas, indique : « L’arrêt brutal des hubs a engendré une discontinuité majeure dans les échanges entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Une recomposition d’urgence des flux est observée, avec des surcoûts variant de 5 à 15 % sur plusieurs axes commerciaux. »
Trafic maritime : des ‘surcharges fuel exceptionnelles’ annoncées par les armateurs
Le détroit d’Ormuz, bien que non officiellement fermé, est devenu dangereux pour le passage maritime. Les grandes compagnies maritimes ont donné des ordres à leurs navires de se mettre à l’abri, ce qui a entraîné la suspension de toutes les réservations à destination du Golfe Persique. À la date du 2 mars, 138 porte-conteneurs se retrouvaient immobilisés dans la région, perturbant encore plus la circulation des marchandises.
Le corridor du canal de Suez fait également face à un contournement depuis fin 2023, rendant épisodiques les traversées en raison des conditions de sécurité. Le marché de l’assurance maritime a réagi en augmentant le niveau de dangerosité du Golfe Persique à 8 sur 8. Le coût du carburant de soute a bondi de 35 %, atteignant 740 USD la tonne, poussant les compagnies à imposer des surcharges d’urgence allant de 1 500 à 4 000 USD pour les destinations liées au Golfe.
Anne-Sophie Fribourg, Vice-Présidente de TLF Overseas, souligne que cette crise entraîne une désorganisation qui touche tous les ports et routes commerciales, empêchant les chargeurs français de faire face aux retards et surcoûts croissants.
Transport routier de marchandises : le prix du gazole bondit de +16%
Le transport routier subit aussi les répercussions de cette crise. En moins de deux semaines, le prix du gazole a augmenté de 16 %, un rythme deux fois plus rapide que celui de l’essence, totalisant près de 22 % d’augmentation depuis le début de l’année. Pour un secteur où le carburant représente 25 % des coûts, cette hausse a un impact immédiat sur la trésorerie des entreprises.
Jean-Thomas Schmitt, Président de l’Union TLF, met en garde : « La majorité des entreprises de transport routier sont des TPE-PME avec des marges faibles. Une telle augmentation peut rapidement mettre en péril la viabilité financière de ces entreprises qui doivent déjà faire face à une situation économique difficile. »
Le mécanisme légal de répercussion des hausses de carburant existe, mais la rapidité de cette augmentation pèse d’abord sur la trésorerie, créant d’importantes pressions financières.
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