Les échanges commerciaux entre le Vietnam et la Russie prennent un virage décisif grâce à l’expansion des liaisons ferroviaires et maritimes. Ce développement est porté par les initiatives des entreprises de logistique russes, en particulier le groupe FESCO, qui jouent un rôle central dans cette dynamique. La transformation du port de Hô Chi Minh-Ville en plaque tournante du transbordement est un élément clé de ce projet ambitieux.
Durant le 10e Forum économique oriental à Vladivostok, German Maslov, vice-président de la division logistique de FESCO, a souligné l’efficacité des liaisons maritimes entre Vladivostok et les ports vietnamiens. En seulement deux ans, cette connexion a suscité un intérêt considérable de la part des entreprises des deux pays. Le volume de fret transporté a enregistré une hausse de 16 % en glissement annuel en 2025, ce qui témoigne de l’appétit croissant pour le commerce régional.
La récente ouverture de nouvelles lignes par FESCO, reliant le Vietnam à des ports russes tels que Saint-Pétersbourg et Novorossiisk, permet également aux marchandises vietnamiennes d’atteindre les plus grands centres logistiques de Russie. FESCO, qui exploite désormais trois navires réguliers, se positionne comme un acteur incontournable du réseau logistique, consolidant le Vietnam comme une plateforme stratégique dans cette dynamique.
Au-delà de ses liens avec la Russie, le Vietnam est en train de devenir un carrefour essentiel dans les échanges maritimes régionaux. FESCO a étendu ses services pour inclure des lignes vers des pays comme la Malaisie, l’Indonésie et la Thaïlande. Cette diversification des routes maritimes a entraîné une augmentation de 66 % des échanges avec la Malaisie et un doublement des échanges avec l’Indonésie, plaçant le Vietnam au cœur des activités commerciales de l’ASEAN.
Nguyên Viêt Kiên, consul général du Vietnam à Vladivostok, a mis en avant le potentiel inexploré de l’Extrême-Orient russe. Avec près de 40 % du territoire russe, cette région regorge de ressources naturelles et de ports maritimes stratégiques. Il a souligné le rôle de Vladivostok en tant que point d’entrée pour les échanges entre l’Asie et la Russie, facilitant ainsi la distribution à l’échelle nationale grâce à des liaisons ferroviaires développées.
Cependant, malgré ces perspectives prometteuses, les échanges commerciaux entre les deux nations demeurent modestes. En effet, le chiffre d’affaires a atteint seulement 55 millions de dollars au premier trimestre de cette année, avec une forte prépondérance des exportations vietnamiennes. Le développement des investissements vietnamiens, comme en témoigne l’initiative de TH True Milk qui a récemment lancé une ferme laitière près de Vladivostok, pourrait contribuer à dynamiser cette relation bilatérale.
Nguyên Viêt Kiên a appelé à considérer Vladivostok non pas uniquement comme un marché, mais comme une porte d’entrée stratégique pour le Vietnam. Investir dans cette région pourrait ouvrir de nouvelles opportunités non seulement sur le marché russe mais aussi sur le marché eurasien plus large. Cela nécessiterait une attention particulière à l’amélioration des infrastructures et des services dans le domaine des transports et de l’énergie, des priorités mises en avant par le président russe Vladimir Poutine lors du forum.
Enfin, le consulat général du Vietnam à Vladivostok offre son soutien aux entreprises vietnamiennes cherchant à s’implanter et à se développer dans ce marché prometteur. Grâce à une collaboration étroite entre les deux pays, les entreprises vietnamiennes pourraient prochainement bénéficier d’un avantage concurrentiel sur la scène internationale.



