Les résultats pour le troisième trimestre des commissionnaires reflètent la situation difficile dans le monde maritime
Le commerce maritime mondial traverse une période agitée. Entre la chute des taux de fret, les tensions géopolitiques et les nouveaux droits de douane américains, les grands commissionnaires, tels que DHL Global Forwarding, DSV et Kuehne & Nagel, témoignent d’une agilité pour maintenir le cap. L’activité maritime est directement touchée par le ralentissement des volumes conteneurisés, notamment sur la route Transpacifique, entre l’Asie et les États-Unis. Malgré ce contexte, les leaders mondiaux de la commission de transport font preuve de résilience, misant sur la technologie, la durabilité et la maîtrise des coûts.
DHL Global Forwarding : prudence sur les mers
Pour DHL, la division commission de transport (global forwarding) a récemment annoncé une baisse de 9,2 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025, atteignant 4,57 milliards d’euros. Bien que les volumes maritimes soient restés relativement stables, affichant une légère baisse de -0,5 %, la rentabilité a souffert de la chute des taux de fret. DHL mise sur une discipline de coûts accrue et sur une stratégie visant à se désengager des segments moins rentables, tout en renforçant ses investissements dans la logistique portuaire et dans ses solutions numériques pour améliorer la visibilité des flux.
DSV : l’intégration de Schenker comme levier stratégique
DSV, quant à elle, connait une année riche en bouleversements avec l’intégration de DB Schenker. Finalisée au printemps, cette acquisition a propulsé le chiffre d’affaires du groupe danois vers 175 milliards de DKK (23,4 milliards d’euros) sur neuf mois, soit une augmentation de 40 %. Toutefois, la division Air & Sea, représentant l’activité maritime, subit les répercussions de la guerre commerciale. Les droits de douane américains sur les importations asiatiques ont causé une baisse significative, de 30 à 40 %, des flux transpacifiques. En réponse, DSV a réorganisé ses routes et ses hubs, avec l’objectif de retrouver des marges satisfaisantes d’ici 2026.
Kuehne & Nagel : mise sur la valeur ajoutée plutôt que sur le volume
Kuehne & Nagel, le groupe suisse, a déclaré un chiffre d’affaires de 18,5 milliards de CHF (19 948 millions d’euros), enregistrant une hausse de 2,7 % sur les neuf premiers mois de l’année. Cependant, son résultat net (Ebit) a reculé de 16,5 %. Face à la pression du marché maritime, Kuehne & Nagel choisit de se concentrer sur des secteurs à forte valeur ajoutée comme la pharmacie, l’aéronautique ou le high-tech. L’entreprise investit également dans des initiatives de traçabilité numérique et des solutions à faibles émissions de carbone, se positionnant ainsi comme un pionnier dans cette transformation verte.
Les droits de douane américains : un nouvel écueil pour le shipping
Les nouvelles taxes imposées par Washington en 2025 sur les produits chinois, tels que l’électronique et l’acier, engendrent des défis significatifs dans le monde du transport maritime. En réponse, les armements ont dû développer de nouvelles stratégies, notamment en augmentant les annulations de départs, appelées blank sailings, sur les lignes Transpacifiques. Ces décisions provoquent une hausse des coûts logistiques pour les importateurs et engendrent une congestion dans plusieurs ports asiatiques. Les commissionnaires, de leur côté, œuvrent à renforcer leurs capacités d’analyse prédictive ainsi que leurs solutions de planification portuaire afin de maintenir la fluidité des chaînes d’approvisionnement.
D’intermédiaire à architecte de la logistique maritime
Dans ce contexte complexe, les commissionnaires évoluent. Ils ne sont plus simplement des intermédiaires, mais se transforment en véritables architectes de la logistique maritime mondiale. Leur capacité à gérer la volatilité tarifaire, anticiper les chocs politiques, et accompagner la transition énergétique du transport maritime constitue un atout majeur pour surmonter les défis actuels.



