La Surexploitation des Espèces Sauvages et la CITES
La surexploitation des espèces sauvages est une menace d’ampleur mondiale et constitue l’une des principales causes de la disparition de la biodiversité. En effet, l’exploitation excessive des animaux et des plantes entraîne des conséquences graves pour les écosystèmes. Pour contribuer à la préservation de ces espèces, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, plus communément appelée la CITES, a été instaurée en 1975. Cette convention réglemente le commerce de plus de 40 000 espèces animales et végétales.
Objectifs de la CITES
L’objectif principal de la CITES est de garantir que le commerce international des animaux et des plantes, ainsi que de leurs parties et produits dérivés, ne menace pas leur survie. Par conséquent, la CITES joue un rôle fondamental en veillant à ce que les prélèvements dans la nature soient durables.
Un Commerce Évalué en Milliards de Dollars
Le commerce des espèces sauvages inscrit à la CITES représente des milliards de dollars par an. Chaque année, des centaines de milliers de permis sont émis pour encadrer ce commerce, veillant ainsi à la légalité, la durabilité et la traçabilité des spécimens concernés. Ces permis sont des outils essentiels pour contrôler les échanges au niveau international et veiller à la protection des espèces.
Lutte contre le Trafic Illicite
Le cadre légal établi par la CITES constitue un levier crucial dans la lutte contre le trafic d’espèces protégées, qui représente le quatrième marché illicite le plus lucratif au monde. Ce trafic repose largement sur le prélèvement illégal d’espèces dans leur habitat naturel, compromettant gravement leur survie et celle de nombreux écosystèmes.
Un Cadre pour un Commerce Durable
La CITES met en place un cadre destiné à garantir un commerce légal et durable d’espèces sauvages pour préserver la biodiversité sur le long terme. Ce cadre repose sur la délivrance de permis, nécessaires pour franchir les frontières. Ces permis sont délivrés par les autorités compétentes des pays concernés, que ce soit pour l’importation ou la réexportation des espèces.
De plus, la régulation du commerce des espèces dépasse le cadre national et nécessite donc une coopération internationale dans le cadre de l’application de la CITES. L’Union européenne, quant à elle, ne s’appuie pas directement sur la CITES, mais utilise des règlements qui en harmonisent et renforcent l’application sur son territoire.
Les Annexes de la CITES
Les espèces protégées par la CITES sont regroupées dans trois annexes :
- Annexe I : Espèces menacées d’extinction dont le commerce est interdit sauf dans des cas exceptionnels.
- Annexe II : Espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction, mais dont le commerce doit être surveillé pour éviter leur exploitation excessive.
- Annexe III : Espèces protégées à la demande d’un pays qui doit les surveiller.
Actuellement, plus de 6 610 espèces animales et 34 310 espèces végétales sont inscrites dans ces annexes.
Règlements Européens
Au niveau européen, les règlements CITES établissent quatre annexes (A, B, C et D). Ces annexes regroupent principalement des espèces de la convention tout en incluant certaines espèces non protégées au niveau international. Par exemple, l’Annexe A contient les espèces menacées nécessitant une protection accrue.
Instruction et Délivrance des Permis CITES
Demandes de Permis
En France, les Directions (Régionales) de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (D(R)EAL) sont chargées de l’instruction et de la délivrance des permis nécessaires pour le commerce des espèces protégées. Les demandeurs peuvent soumettre leur demande en ligne à travers l’application I-CITES.
Fonctionnement de l’Application I-CITES
L’application I-CITES permet aux utilisateurs de déposer des demandes de permis CITES en ligne et de consulter l’état d’avancement de leurs dossiers. De plus, elle offre des informations sur le statut CITES des espèces et fournit des fiches d’aide pour le dépôt des demandes.
Passages en Douane
Importations dans l’Union Européenne
Pour les importations dans l’UE, il est impératif de présenter l’original du permis d’exportation ou du certificat de réexportation au bureau de douanes lors de l’entrée sur le territoire européen. Cela garantit un suivi efficace du commerce des espèces protégées.
Exportation et Réexportation
Pour les espèces des annexes A, B ou C, plusieurs documents doivent être présentés lors de l’exportation depuis l’UE. En revanche, pour les espèces de l’annexe D, il n’y a pas de formalités spécifiques requises.
Sanctions en Cas d’Infractions
Avec l’adoption de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, les peines relatives à l’absence de permis ou à toute autre infraction liée à la CITES ont été considérablement renforcées, avec des sanctions allant jusqu’à trois ans d’emprisonnement et des amendes de 150 000 euros, et jusqu’à sept ans en cas de délit organisé.
Agents de Contrôle
Les infractions liées à la CITES peuvent être constatées par divers agents, notamment ceux de l’Office français de la biodiversité, des services vétérinaires et des douanes.
En mettant en place des réglementations robustes et en renforçant la coopération internationale, la CITES vise à lutter efficacement contre la sur-exploitation des espèces sauvages et à préserver la biodiversité pour les générations futures.



