Friday, April 3, 2026

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Nouveaux indices des prix de l’énergie à l’étude au CNR

L’actualité récente met plus que jamais d’actualité les « charges de produits énergétiques de propulsion » dans le transport routier. Le Comité National Routier a bien voulu répondre aux questions de TRM24 sur ce sujet brûlant.

Réveil des marchés de l’énergie

Depuis le 1er mars 2026, les marchés pétroliers et gaziers, ainsi que l’ensemble de la filière logistique sont soumis à de fortes tensions géopolitiques. L’offensive américano-israélienne en Iran a secoué les marchés de l’énergie, et les flux maritimes de l’Asie vers l’Europe doivent désormais contourner le cap de Bonne. Pour approfondir cette problématique, Benjamin Leo, chargé d’études économiques et responsable énergies du Comité National Routier, a accepté d’échanger avec TRM24.

Benjamin Leo, chargé d’études économiques et responsable énergies du CNR

TRM24 : Le Comité National Routier édite les indices de référence (obligatoires depuis le 1er janvier 2023) pour le gazole. Qu’en est-il de celui du GNV avec les derniers événements internationaux ?

Benjamin Leo :

« Depuis la loi n° 2022-1158 du 16 août 2022, portant mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat, les charges de produits énergétiques de propulsion retenues pour l’établissement du prix de l’opération de transport sont désormais prises en référence pour l’indexation, et non plus seulement le gazole. L’indicateur existe et il faut l’utiliser. »

TRM24 : Avez-vous constaté une décorrélation entre le cours du méthane et celui du pétrole ?

Benjamin Leo :

« Il y a effectivement une décorrélation des prix entre le GNV et le gazole, cela avait déjà été le cas à la fin de 2021 et lors de l’offensive de la Russie sur l’Ukraine en 2022. Nous procédons à des enquêtes de chiffrage auprès des entreprises de transport pour mesurer cet effet, que nous évaluerons à la fin mars 2026. »

TRM24 : Au-delà du gazole et du méthane carburant, envisagez-vous d’étudier d’autres indices de prix, notamment sur l’électrique, où il peut également y avoir de fortes disparités ?

Benjamin Leo :

« La production d’un indice de coût électricité au dépôt est à l’ordre du jour. Cependant, cet exercice s’avère compliqué en raison de la dispersion des prix du marché, qui varient selon les profils d’utilisateurs. Des tarifs réglementés existent pour différents segments de puissance souscrite, mais ils sont réservés aux entreprises de moins de 10 salariés avec un chiffre d’affaires de moins de 2 millions d’euros. Ces prix, mis à jour annuellement par la Commission de régulation de l’énergie, peuvent être éloignés des prix de marché proposés par les fournisseurs d’énergie, y compris EDF. »

Benjamin Leo a également évoqué que d’autres indices, plus faciles à établir, pourraient bientôt être publiés par le CNR.
« Les B100 et HVO sont également à l’étude, et il serait plus simple de créer un indicateur pour ces deux carburants. La méthodologie suivie serait identique à celle du gazole et du GNV. »

TRM24 : En janvier 2027, entrera en vigueur l’IRICC, remplaçant la TIRUERT. Quel en sera l’impact selon le CNR ?

Benjamin Leo :

« L’IRICC est destiné principalement aux metteurs à la consommation de carburants, soit les entreprises du secteur énergétique. Cette réforme, repoussée d’un an pour peaufiner son mécanisme et intégrer les retours des différentes filières, aura un impact significatif. Néanmoins, les indicateurs de l’énergie fournis par le CNR, basés sur les retours des transporteurs, refléteront les évolutions de prix dues à cette mise en place. »

Pour rappel, les estimations varient de 10 à 17 centimes au litre, tout dépendant de la manière dont les opérateurs choisiront de les répercuter. Nous attendrons donc avec impatience janvier 2017 pour mesurer les effets réels.

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